GOUVERNANCE!

Le mot est lâché une fois de plus par le Président de la Chambre de commerce, d’industrie et des services de Saint-Etienne/Montbrison (42- Loire)

Depuis qu’il a découvert ce mot, André MOUNIER, l’emploie à toutes les sauces même les plus âpres ou les plus insipides.

Ah, Dieu que c’est beau! Aurait chanté notre cher Daniel Balavoine.

Mais en cuisine, comme en gestion des intérêts des ressortissants d’une CCI, il ne suffit pas d’utiliser un élément pour rendre le résultat, sinon savoureux, au moins consommable; il faut savoir l’accommoder!

Et là, force est de reconnaître que cet «art» ne fait pas partie de la panoplie du Président. (Quand bien même Monsieur MOUNIER fasse partie des nouveaux gastronomes stéphanois …en culotte courte).De fait, le résultat laisse obligatoirement chacun d’entre nous sur sa faim, un goût amer en bouche.

Ainsi, dans l’esprit de «gouvernance» André MOUNIER Président de la CCI de Saint-Etienne/Montbrison qu’il «dirige» avec un ego très éloigné de la notion de gouvernance qu’il prône, «confirme résolument son engagement et sa détermination sur le champ de l’innovation en éditant le Livre Blanc de l’Innovation. Cette publication est une contribution au développement économique en incitant les 20 000 entreprises du territoire à une meilleure appropriation de l’innovation en leur présentant une feuille de route qui préfigure une nouvelle gouvernance. A la fois état des lieux et plan d’actions, cette édition dégage 12 préconisations majeures qui constituent le tableau de bord pratique de la démarche “Innovation” en Loire Sud».

Le ton est donné dans cette définition: c’est du charabia (désolé, ce n’est pas du gaga stéphanois mais un mot bien français; demandez au p’tit Robert).

Lorsqu’on a ce document de 56 pages pour la 1ere fois en mains, on est plutôt séduit par une présentation simple, sobre; presque austère. Puis on l’ouvre et on remarque une mise en page surprenante qui, à elle seule, pourrait être innovante, sans fioritures et dépenses inutiles : le document est monochrome.

On remarque cependant très vite que le nom du graphiste ayant réalisé «ce petit chef d’œuvre d’ingéniosités potentielles» et celui de l’entreprise qui l’a imprimé ont été oubliés.

La chambre de Commerce, d’Industrie et des Services de Saint-Etienne/Montbrison aurait-elle confié ce travail à des entreprises qui ne sont pas ligériennes?

On note aussi que le personnel de la CCI fait de l’auto satisfaction en se congratulant les uns les autres. Bichette, s’ils ne se félicitaient pas les uns les autres qui le ferait?

Bref, motivé par une première impression plutôt avenante, on attaque la lecture de ce bréviaire pensant pouvoir s’approprier très vite l’innovation (ce n’est pas un défaut d’expression mais le sous titre du document; eh oui!)

Là, mes belets, l’affaire se corse!

La mise en page qui paraissait sympathique devient très vite un frein à la lecture.Les yeux se perdent dans la recherche des débuts de lignes; on prend le tournis; on ne sait plus ou on en est; les paragraphes et les sous paragraphes se mélangent; on a l’impression d’être sur un rafiot un jour de tempête.

Alors on abandonne momentanément, histoire de faire le point avec soi même et avec sa tension artérielle, puis on prend la pilule ordonnée par le médecin de famille avant de faire une croisière.

On patiente un peu, le temps que le prodigieux médicament fasse son effet, puis, s’armant de courage on reprend la mer avec l’idée de tout savoir sur l’innovation qui rendra les entreprises ligériennes de plus en plus compétitives dans ce modèle de mondialisation économique.

Dedzeu, tout continue à être de traviol et on a de plus en plus les ébarioles. On bataille et on se dit qu’on n’arrivera jamais à lire cette basseuille.

Tant pis, il n’est pas dit qu’un ligérien renoncera à lire le grand traité de «sa» CCI et en multipliant les efforts, en prenant sur soi les inconvénients de lecture, on arrive à peu à peu à passer de la page 01 à la page 02 puis à la page 03…

Cahin caha on tente de décrypter des suites de mots du type «…Les conditions ont évolué dans un contexte de globalisation, d’accélération et de réactivité où certains des catalyseurs ne sont plus là, alors que d’autres arrivent et donnent des perspectives. Sous l’ère de l’information et de la communication, l’approche nouvelle de l’innovation est davantage relationnelle et collaborative.»

Trop c’est trop et le découragement s’installe.

On pose alors le livre blanc qui commence à devenir jaune tant on transpire en essayant de le lire puis de comprendre ce qu’on arrive à lire au prix d’incroyables efforts …….et on se demande s’il faut être savant ou diplômé des grandes écoles françaises pour se lancer dans pareille lecture.

C’est alors qu’avec un sourire moqueur non dissimulé, on se met à penser au texte du projet de constitution européenne que personne n’a lu et que, une fois de plus, le livre blanc de l’innovation n’est que la résultante d’une violente masturbation intellectuelle dont, comme d’habitude, il ne sera rien sorti, ni en quantité ni en qualité. Le jus est presque stérile, malheureusement comme d’habitude.

On cherche ou est l’innovation dans tout ça et si les institutionnels ne passent pas trop de temps à appincher leur ambignon!

A barreau après cet effort intellectuel on hésite entre plonger sa tête dans le bâchat et prendre un canon au canit du coin pour ne pas prendre le babeau

Conclusions:

Mr MOUNIER, lorsque vous affirmez que le livre blanc de l’innovation s’adresse aux 20 000 ressortissants de la CCI de Saint-Etienne/Montbrison, je ne peux m’empêcher de penser à la tête du petit commerçant au coin de la rue, à ses problèmes d’exploitation et de gestion, et à l’hilarité générale et/ou à la colère que ce document pourrait engendrer chez lui.

Mr MOUNIER, lorsque vous dites que, sauf erreur, c’est la toute première fois qu’une telle initiative est prise, je ne peux m’empêcher de penser à l’Ecole des Mines de Saint-Etienne qui, sauf erreur, a mis en place «un observatoire économique» depuis de nombreuses années.

Mr MOUNIER, j’aimerais m’associer à votre plaisir et à celui du personnel de la CCI qui a élaboré ce document. Plus encore, j’aimerais que les entreprises du commerces, des services et de l’industrie de Loire Sud vous gratifient de leur profonde reconnaissance. Cela voudrait dire que votre initiative est une réussite; mais:

  • j’ai peur que cette démarche ne soit pas la réponse attendue par la majorité des ressortissants,
  • je ne peux m’associer à l’auto satisfecit de votre personnel en le félicitant d’avoir rédigé ce document indigeste, impossible à lire et relevant davantage du nombrilisme que de l’action,
  • je ne peux m’associer aux remerciements adressés à votre Directrice de Communication; la forme de son document est très mal pensé et m’as mis la lourde.