Madame Chantal SEBIRE ne souffre plus.
Madame Sebire ne souffre plus; elle est décédée!
Par son courage, sa philosophie de la vie, le respect de ses valeurs, Chantal a relancé le problème de l’euthanasie active à son corps défendant. Elle n’avait pas choisi de souffrir, rongée par une terrible maladie! Elle a subi la souffrance, longtemps, trop longtemps….jusqu’à demander de l’aide, une aide que quiconque est en droit de demander pour être en paix avec lui même, avec ses convictions, avec sa religion, avec sa conscience et sa reconnaissance à la vie.
J’ose espérer que sa démarche, heureusement largement médiatisée, sera le nouveau point de départ de ce débat sur le droit de mourir, oh combien important lorsqu’on a choisi de tirer sa révérence après avoir tout fait pour s’accrocher à l’espoir.
J’ose espérer aussi que Chantal ne sera pas partie seule, mais en compagnie de ceux qu’elle aimait; ceux avec qui elle avait envie de faire “la fête” une dernière fois avant de leur dire adieu.
J’ose espérer encore que le milieu médical lui aura apporté, dans une complicité à l’abri des interdits, une manière douce pour faire un dernier pied de nez à une législation trop inhumaine quand il s’agit d’une fin de vie vécue en véritable chemin de croix!
J’espère enfin que Madame C.BOUTIN, ministre dont les propos ont scandalisé une large opinion, n’aura jamais ce choix de vie ou de mort à faire, pour elle ou pour quelqu’un qu’elle aime vraiment.


21 mars 2008 à 12:32
Vous avez raison,la mort de Chantal Sébire n’éteint pas le débat
Chantal Sébire, qui avait sollicité le droit de recourir à un « suicide assisté » par un médecin lui prescrivant un produit létal – ce qui lui a été refusé lundi par un juge de Dijon au nom du code de déontologie médicale et de la Convention européenne des droits de l´homme - a été retrouvée morte mercredi soir à son domicile. En début d´après-midi jeudi, les circonstances et les causes de son décès n´avaient pu être déterminées. Une enquête judiciaire pour « recherche des causes de la mort » a été ouverte, mercredi, par le parquet de Dijon. La question de savoir si une autopsie allait être pratiquée n´était pas encore été tranchée jeudi. Atteinte d´une tumeur évolutive et incurable des sinus et des cavités nasales, qui la défigurait, cette femme de 52 ans réclamait « le droit de mourir dans la dignité » et était soutenue par l´Association pour le droit de mourir dans la dignité (Admd). En médiatisant son cas depuis trois semaines, Chantal Sébire avait relancé le débat sur la légalisation de l´euthanasie.
Quelques heures avant l´annonce de la mort de Mme Sébire, le rapporteur de la loi de 2005 sur la fin de vie et les droits des malades, le Dr Jean Leonetti, a été chargé mercredi d´une mission pour « évaluer son application ». Il devra faire des propositions pour « remédier à la méconnaissance ou à la mauvaise application des textes et éventuellement à l´insuffisance de la législation », en vue de la révision des lois de bioéthique en 2009. A la sortie d´une réunion à Matignon, la ministre de la Justice, Rachida Dati a souligné jeudi qu´il y avait des « adaptations nécessaires » à la loi Leonetti. Le groupe PS à l´Assemblée nationale a annoncé pour sa part qu´il constituait un groupe de travail, autour du député Manuel Valls, pour déposer une proposition de réforme de la loi dans les mois à venir.
Les réactions à la mort de Chantal Sébire ont été nombreuses dans la classe politique et associative. « Même si c´était le souhait (de mourir) de Chantal, j´ai beaucoup de tristesse, car c´était une femme d´exception, avec un caractère exceptionnel, une grande force, une volonté et une voix pour un combat formidable : celui de la fin de vie dans la dignité », a déclaré sur RTL Jean-Luc Roméro, président de l´Admd. Sur RTL également, le député PS de la Vienne, Gaëtan Gorce a appelé à une évolution rapide de la loi Leonetti, d´ici à « la fin de l´année », jugeant que dans la situation de Chantal Sébire, la législation n´apportait pas de solution directe. Le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a jugé « humain et nécessaire » de créer une exception à la loi. La nouvelle secrétaire d´Etat à la Famille, Nadine Morano, s´est elle aussi prononcé en faveur de la création d´une « commission nationale d´exception d´euthanasie ». Un concept qui avait été proposé par le Comité consultatif national d´éthique (Ccne) dans l´avis n°63 du 27 janvier 2000. « L´acte d´euthanasie devrait continuer à être soumis à l´autorité judiciaire. Mais un examen particulier devrait lui être réservé s´il était présenté comme tel par son auteur. Une sorte d´exception d´euthanasie, qui pourrait être prévue par la loi, permettrait d´apprécier tant les circonstances exceptionnelles pouvant conduire à des arrêts de vie que les conditions de leur réalisation. Elle devrait faire l´objet d´un examen en début d´instruction ou de débats par une commission interdisciplinaire chargée d´apprécier le bien fondé des prétentions des intéressés au regard, non pas de la culpabilité en fait et en droit, mais des mobiles qui les ont animés: souci d´abréger des souffrances, respect d´une demande formulée par le patient, compassion face à l´inéluctable. Le juge resterait bien entendu maître de la décision », expliquait le Ccne.
Dans le camp des opposants à la législation de l´euthanasie, l´Alliance pour les droits de la vie a fait part de son « profond malaise devant l´exploitation médiatique et judiciaire faite par un mouvement pro-euthanasie » de la situation de Chantal Sébire. « Pour spectaculaire qu´il soit, ce drame de la maladie et de la dépendance n´est pas si différent de ce que nous rencontrons au quotidien, au travers des services d´aide aux personnes en fin de vie que nous animons. Nous savons bien que le choix d´un cas emblématique vise à faire basculer notre système de santé dans le suicide médicalement assisté. Ce serait entrer dans la logique de l´exclusion des personnes gravement malades ou handicapées. Ce serait cautionner l´idée fausse qu´elles n´ont plus de places dans notre société. Ce serait laisser gagner la peur plutôt que la confiance qui se confirme chaque fois qu´on fait l´effort d´accompagner jusqu´au bout les personnes qui vont mourir, sans jamais prétendre qu´elles ont perdu leur dignité », a réagi l´association.
Sur France-Info, la ministre de la Santé a réitéré son opposition à la légalisation de l´euthanasie. « Le droit au suicide est un droit irréfragable de la liberté individuelle. L´euthanasie active, c´est de demander à un médecin de vous administrer cette mort active », a souligné Roselyne Bachelot, en estimant que la loi de 2005 était encore trop mal connue des professionnels de santé et de leurs patients. Le président de l´Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a appelé sur Radio-Classique à ne « jamais légiférer dans la précipitation, dans la pression passionnelle, même si celle-ci est particulièrement douloureuse et émouvante. » Sur France-Inter, l´ancien président du Comité d´éthique, Didier Sicard, s´est dit lui aussi opposé à une réforme de la loi sur l´euthanasie « à partir d´une situation particulière » et qui aboutirait à « un débat parlementaire escamoté ».